Le site de la course à pied en Haute-Savoie, Savoie, Ain et canton de Genève

Mes pulsations durant la course
Depuis mes débuts en course à pied, j’ai voulu découvrir tout l’éventail des compétitions proposées. A mon actif : 10km, semi, marathon, course de montagne, trail, course d’orientation, course par étapes, corrida, cross. Reste la piste qui ne m’attire pas trop et l’ultra sur route où j’ai quand même une course à mon actif : le tour du lac du Bourget en 2001 (62km, environ 1000m de dénivelé positif). J’ai bien fini cette course mais je m’y suis fait une tendinite au genou due à des chaussures en fin de vie. Restant prudent, je n’ai pas tenté le 100 kms en 2002 à cette même course de St-Nazaire avec deux zanimos. J’y suis quand même allé en accompagnateur spectateur.
2002 aura été une année de courses courtes : 10 km et montagne essentiellement. Coupure au mois de novembre et début de la préparation début décembre. Je me mets dans la tête la barrière des 8h, malgré le scepticisme des anciens. La préparation se passe bien – je courre un cross plus vite que mon record sur 10 kms ; juste une semaine allégée à cause de maladie. Coupure les 12 derniers jours avec juste des footings au programme.
Après une bonne nuit de jeudi à vendredi, je prépare tranquillement mes affaires et mon ravitaillement. J’ai décidé de courir seul avec mon camelback sur le dos, comme lors de toutes mes sorties longues. Après une halte sur Annecy, j’arrive à destination juste avant le repas. Je fais la connaissance du maître des lieux, récupère mon dossard et rencontre 2 UFO. Traditionnel repas de pattes. Sachant que je n’arrive pas à dormir avant minuit, je ne vais pas me coucher de suite. Je suis donc le dernier à prendre place dans le gymnase, peu après 22h. Comme prévu, je n’arrive pas à dormir, plusieurs aller-retour aux toilettes. Je dors un peu vers 3h du matin.
Lever vers 5h, je vais prendre une douche, je ne me sens pas fatigué malgré cette nuit. Petit-déjeuner avec 2 cookies Punch Power et de l’eau, comme testé auparavant. Je prépare 3 sacs contenant mon ravitaillement que je retrouverais sur le parcours. Je m’habille : cuissard long, maillot technique court, maillot technique long et mon coupe-vent de vélo, gants et bonnet. Il fait froid avec un peu de vent. Quelques étirements pendant le briefing d’avant course, un dernier passage aux toilettes et rendez-vous sur la ligne de départ. Je ne suis pas stressé.
Quelques secondes après 7h, un coup de pistolet donné par le maire nous libère. Je pars tranquille dans la traversée du village et me fais doubler de toute part. Quelques descentes, plus ou moins pentues. Km1, 4’53, 132 pulsations. Point positif, je ne suis pas partie trop vite pendant cet échauffement. Quelques virages à couper, rond-point. Km 2, 4’38, 138. Je ne suis plus doublé. C’est maintenant plat. Km 3, 4’52, 139. Je remonte quelques groupes. Je suis bien pour l’instant et respire par le nez. Passage sur un chemin le long de l’Isère. Fin de l’approche initiale, nous voilà sur la boucle de 12km à parcourir 8 fois. Premier passage sur la ligne d’arrivée. Km 4, 4’59, 145. Je marche un peu au ravitaillement et me détend les muscles.
Léger faux-plat descendant suite au ravito. Quelques virages serrés pour passer l’entrée de la basse de loisir puis la seule bosse du parcours (une dizaine de mètres), au début d’une zone de chemin qui s’arrête lorsque l’on retrouve la zone commune à l’aller et au retour. Je continue à reprendre des groupes de coureurs. KM 5, 4’54, 143. Je rattrape la première féminine qui mène un groupe. Km 6, 4’37, 148. Je suis étonné par ma fréquence cardiaque, je suis moins haut que cela à l’entraînement à la même allure, l’effet compétition sans doute. Courte pause au ravito du milieu, je m’accroupis et détends mes jambes. Ce ravito est sous un pont et dans une légère cuvette. Un passage tortueux pour éviter le détour de la route et c’est reparti pour du goudron. Il est possible de courir sur une trace sur le bas coté. Long virage avec une vue dégagée où je me vois les coureurs me précédant. Km 7, 4’45, 146. Km 8, 4’34, 144, je suis un poil plus vite que la vitesse que je m’étais fixée, 4’36 au km quand il n’y a pas de ravito. Km 9, 4’36, 148. Le kilomètre 6 du parcours est situé à l’extrémité du parcours mais il faut faire un aller-retour pour rejoindre le ravitaillement et le point du contrôle. Km 10, 4’30, 150. Soit 47’22 pour les 10 premiers kilomètres.
Détente des muscles au ravito et un peu de marche. Je ne m’attarde pas pour ne pas prendre de retard sur mon tableau de marche. Je cours seul. Km 11, 5’04, 153. Un peu de vent sur le retour. Etant bien habillé, cet air froid ne me dérange pas. Km 12, 4’30, 151. Un peu vite. Les sensations sont bonnes. Je regarde le paysage aux alentours et notamment les deux chaînes de montagne : Chartreuse et Belledonne. Km 13, 4’30, 153. Pas su ralentir un petit peu. Ravito du milieu, je prends un sportenine et m’accroupis. Km 14, 4’54, 148. Km 15, 4’24, 152. Je suis vraiment trop vite mais ne ralentis pas vraiment de peur de trop ralentir. Fin du premier tour. L’entrée du parc se fait par une courte descente où je me laisse aller afin d’avoir une foulée différente un court instant. Suit un faux-plat montant sur de l’herbe pour arriver sur la ligne. Km 16, 4’25, 157. Je prends un gel au ravito et il me reste assez de temps pour me détendre et marcher un peu.
Je repars avec d’autres coureurs qui se sont arrêtés moins longtemps. Km 17, 5’54, 148. Km 18, 4’23, 151. Je prends naturellement un rythme de croisière trop rapide et je préfère me fier à mes sensations pour régler mon allure. Ravito du milieu, un sporténine. Km 19, 4’54, 150. Pour faire 8h, il faut tourner en 4’48 au kilomètre, alors je me réjouis de ne mettre que 6 secondes de plus pour parcourir un kilomètre avec un ravitaillement. Km 20, 4’25, 152. Km 21, 4’28, 153. Afin de passer le temps, je calcul pour chaque extrémité de parcours dans quel temps je dois repartir. Je loupe le panneau du km 22, situé dans le virage serré. Pause pipi au ravito et détente des muscles. Je marche jusqu’au temps que je viens de calculer. Km 22 et 23, 10’31, 154.
Cette fois, j’ai été doublé pendant ma pause alors je passe des coureurs. Km 24, 4’29, 155. Km 25, 4’31, 156. J’ai un coureur en point de mire depuis quelques temps, l’écart stable auparavant, diminue maintenant. Je le rejoins avant le ravito du milieu et repars après lui. Km 26, 4’59, 152. Je le rejoins à nouveau et le passe. Km 27, 4’27, 155. Je calcule dans quel temps repartir. Fin de la seconde boucle. Km 28, 4’29, 160. 2h12’47 de course. Je récupère une de mes bouteilles laissées ce matin et remplit mon camelback. Je me rends compte que je n’ai assez bu, ne pouvant pas y ajouter 75 cl. J’ai bu régulièrement mais une seule gorgée à chaque fois.
C’est parti pour une 3ème boucle. Km 29, 6’03, 155. Km 30, 4’26, 155. 2’23’17 pour ces premiers 30 kilomètres. J’ai laissé mon bonnet au dernier ravito mais je n’ai ni chaud ni froid. Ravito du milieu, sporténine et accroupissement plus aussi facilement qu’avant. Km 31, 5’09, 153. Km 32, 4’31, 153. Km 33, 4’33, 156. Une gêne en haut de la cuisse, sur le dessus, commence à se faire sentir mais je garde un bon rythme pour l’instant. Km 34, 4’33, 156. Ravito du bout, je mange une barre punch power et fait l’étirement du quadriceps mais la douleur est plus en haut alors mes tentatives ne servent à rien. J’ai pris mon temps alors le temps calculé est dépassé. Km 35, 6’15, 152. Km 36, 4’39, 156. Km 37, 4’41, 154. J’arrive encore à rester dans la fourchette 4’36 – 4’48 mais je commence à douter de l’issue finale de ce 100 bornes avec un tel problème avant les 3h de courses. Je ne me rappelle pas avoir eu une telle douleur.
Ravito du milieu, je m’accroupis difficilement et ne trouves pas de moyen d’étirer la zone. Km 38, 6’02, 148. Km 39, 4’52, 151. Je ne parviens plus à rester dans l’allure. J’ai perdu tout espoir de 8h dans ma tête. Je me pose la question de continuer ce 100 km. Km 40, 5’11, 151. Je vais dans la cabane des masseurs mais il n’y a personne. Abandon, pas abandon. Je décide de tenter une autre boucle pour au moins dépasser les 50 km.
J’essaie de changer ma foulée en accélérant et la douleur se fait moins forte mais je me vois mal continuer à cette allure élevée alors je reprends une vitesse où la douleur se fait sentir. Km 41, 11’42, 133. Km 42, 5’24, 142. Passage au marathon en 3’31 « 53. Ravito du milieu. Km 43, 6’15, 139. Km 44, 5’32, 142. Je ralentis inexorablement. Km 45, 5’34, 143. Km 46, 5’30, 144. Je marche jusqu’au ravito. Mes efforts pour atténuer la douleur sont vains. Km 47, 9’20, 138. Km 48, 5’32, 144. Un italien me passe et je le suis. Me sentant mieux un court instant, je veux passer devant lui pour le protéger du vent. Sachant que j’allais abandonner, autant aider les autres. Une fois à sa hauteur, il a accéléré alors je ne suis pas passé devant. Km 49, 5’39, 144. Ravito du milieu. Je continue à vouloir m’accroupir mais il me faut l’aide des mains pour me baisser et me relever. Depuis quelques temps, mon camelback est vide. Préoccupé par ma douleur, je n’ai pas attention à cela. Je fais le plein, ayant eu la bonne idée de laisser au moins une bouteille remplie de ma boisson énergétique préférée à chacun des ravitos. Km 50, 9’17, 133.
Après le ravito du milieu, il est possible d’emprunter un chemin plutôt que la route, c’est ce que je fais. Km 51, 6’03, 138. A cette vitesse, la douleur est moins forte. Km 52, 6’15, 141. Dernier passage sur la ligne d’arrivée pour moi après 4’36"55 de course. Cette fois, les masseurs sont présents alors j’en profite. Ils arrivent à trouver un moyen d’étirer la zone. Je récupère le sac laissé à ce ravito et attends une navette qui me ramène au gymnase où je prends une bonne douche chaude. Une fois changé, je reprends la navette afin d’assister à l’arrivée des premiers.
Je me place avant l’entrée de la zone de loisirs et prends quelques photos des coureurs restants. Le soleil déclinant, je retourne au gymnase pour le repas et la remise des prix. Ne pensant pas bien dormir, je décide de rentrer de suite à la maison.
Mes erreurs :
- la barre des 8h était largement trop haute pour moi
- Suivre un tableau de marche où il faut mettre le même temps dans les 50 premiers et 50 derniers kilomètres. Il est clair que tant que l’on n'a pas finit de nombreuses fois la distance, ce n’est pas réalisable.
- Suivre un tableau de marche, il faut, je pense, prendre le temps nécessaire aux ravitos
- Une préparation pour du long mais pas spécifique aux 100 kms. J’ai fait beaucoup de ski de fond et de sorties longues type trail. Et lors de mon unique sortie longue sur route, il y avait par moment de la neige d’où une foulée changeante. Mes autres sorties sur route n’ont pas dépassé les 2h.
Mais la principale explication que je vois à cet échec est la monotonie du parcours d’où une foulée qui ne varie pas. J’ai fini des courses de plus de 3h sans problème particulier mais avec un profil beaucoup plus varié. Un 100 bornes comme Millau devrait mieux me convenir mais cela sera dans quelques années.
Quelques remarques :
- Aucun problème aux pieds sans aucune application de crème ni traitement particulier.
- Aucun problème digestif
- Aucun problème dus à des frottements
Conclusion : je sais maintenant qu’un ultra plat n’est pas fait pour moi pour l’instant mais je ne suis pas fâché avec le long sur route, ma "revanche" au balcon de Belledonne dans un mois, 64 km avec des cols.
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